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STARC – Studio d'Architecture

Journal · Projets

Remplacer sa véranda par une vraie extension à vivre toute l'année

5 octobre 2026Par Frédéric Odent
Remplacer sa véranda par une vraie extension à vivre toute l'année

Beaucoup de vérandas des années 80 et 90 ne servent presque plus. Voici comment un architecte les remplace par une vraie pièce de vie, lumineuse et confortable, et quelles règles s'appliquent en Wallonie et à Bruxelles.

Vous l'avez peut-être remarqué ces dernières semaines : aux premières soirées fraîches, la véranda se vide et la porte vers le séjour reste fermée. Beaucoup de vérandas construites dans les années 80 et 90 sont devenues des pièces perdues. L'automne est le bon moment pour réfléchir à leur remplacement par une vraie extension, et lancer le chantier au printemps.

Pourquoi tant de vérandas sont devenues inconfortables

À l'époque, la véranda était une façon rapide et peu coûteuse de gagner de la place. Trente ou quarante ans plus tard, ses défauts sont bien connus :

  • profilés en aluminium sans rupture de pont thermique, simple vitrage ou vieux double vitrage ;
  • toiture en polycarbonate ou en verre qui laisse partir la chaleur en hiver et la fait entrer en été ;
  • dalle posée directement sur le sol, sans isolation, souvent froide et parfois humide ;
  • condensation sur les vitrages, joints fatigués, petites fuites en toiture ;
  • raccord bancal avec la maison : l'ancienne façade arrière reste en place et coupe la véranda du séjour.

Résultat : une pièce agréable quelques semaines par an, au printemps et au début de l'automne. Le reste du temps, elle sert de débarras ou de séchoir.

Véranda ou extension, la différence est réglementaire

Remplacer une véranda par une extension, ce n'est pas seulement changer de matériaux. C'est changer de catégorie de construction, et cela a des conséquences.

En Wallonie, le CoDT prévoit une dispense de permis pour les vérandas, à des conditions précises. L'administration régionale du territoire les détaille dans son tableau de la nomenclature de l'article R.IV.1-1 : l'implantation doit être à 2,00 m minimum de la limite mitoyenne, la superficie maximale est de 40,00 m² et la volumétrie doit rester sans étage, toiture plate ou à un versant ou plusieurs versants.

Une extension avec des murs pleins, une toiture isolée et un vrai chauffage, c'est autre chose. Dès que vous créez une pièce habitable chauffée reliée à la maison, il faut en principe un permis d'urbanisme et l'intervention d'un architecte. Les dispenses ne concernent que des cas particuliers, comme les vérandas ou certains volumes annexes non habitables de 40 m² maximum.

Côté énergie, il faut garder un point en tête. Le SPW Énergie le rappelle dans sa FAQ PEB : la procédure PEB s'applique uniquement aux travaux soumis à permis. Les exigences PEB s'appliquent à tous les travaux, même s'ils ne sont pas soumis à permis. Selon l'ampleur du projet par rapport à la maison existante, on parle de rénovation simple ou de rénovation importante. Le décret PEB du 28 novembre 2013 définit la rénovation importante comme des travaux qui portent sur une surface dont l'ampleur est supérieure à 25 % de l'enveloppe existante. Dans ce cas, un responsable PEB intervient.

À Bruxelles, le cadre est plus strict. Homegrade cite extension ou véranda parmi les exemples de travaux de rénovation qui nécessitent un architecte. Il faut aussi respecter le Règlement régional d'urbanisme (RRU) et les éventuels règlements communaux.

Dans les deux Régions, faites-vous confirmer votre situation par le service urbanisme de votre commune avant de démarrer.

Ce que l'architecte change dans le projet

Remplacer une véranda par une extension, ce n'est pas mettre des murs à la place du verre. C'est concevoir une pièce qui garde ce que vous aimiez dans la véranda, la lumière et le lien avec le jardin, sans ses défauts.

  • La lumière, au bon endroit. Un grand châssis vers le jardin, un lanterneau au-dessus de la table, une fenêtre basse pour un coin lecture. On vise la qualité de lumière plutôt que la quantité de vitrage.
  • La protection solaire dès la conception. Un débord de toiture bien dimensionné au sud ou un brise-soleil à l'ouest évite la fournaise de juillet, sans climatisation.
  • Le volume. Une toiture plate, éventuellement végétalisée, ou à un versant, avec une hauteur sous plafond généreuse. Il faut aussi soigner le raccord avec les fenêtres de l'étage et la toiture existante.
  • L'ouverture vers la maison. Le plus souvent, on ouvre largement l'ancienne façade arrière pour que l'extension prolonge vraiment le séjour ou la cuisine. Il faut alors un calcul de stabilité, réalisé avec le bureau d'études Optibim.
  • Les matériaux. Une brique de teinte proche de l'existante, du bois, un seuil en pierre bleue : l'extension doit avoir l'air d'avoir toujours été là.
  • Le confort. Un sol isolé, le chauffage raccordé à l'installation de la maison ou étendu, une ventilation adaptée, la gestion des eaux pluviales de la nouvelle toiture.

Le déroulé type d'une extension de plain-pied chez STARC

Voici comment nous menons généralement ce type de projet, du premier rendez-vous à la réception.

  1. Visite et écoute. Nous regardons comment vous vivez la maison aujourd'hui : où vous mangez, où les enfants jouent, ce qui manque. La véranda révèle souvent un besoin plus large, comme une cuisine trop petite ou un séjour coupé du jardin.
  2. Relevé précis. Un relevé par scanner 3D (BimBot) donne les niveaux, les épaisseurs de murs et les hauteurs de fenêtres. On évite ainsi les mauvaises surprises au raccord.
  3. Esquisses et budget. Nous comparons plusieurs options d'implantation et de toiture, avec une première estimation pour chacune. C'est le moment de trancher entre une extension sur l'emprise de la véranda ou un volume un peu plus grand.
  4. Permis et PEB. Nous constituons le dossier de permis, avec le volet énergétique coordonné avec Optibim lorsque c'est nécessaire.
  5. Chantier. Démontage de la véranda, fondations neuves, gros œuvre, toiture, menuiseries, puis ouverture du mur existant au moment le plus adapté pour limiter la gêne dans la maison.

Comptez plusieurs mois entre le premier rendez-vous et le début du chantier, surtout à cause du permis. Commencer la conception à l'automne permet de viser un chantier au printemps ou au début de l'été.

Les pièges à éviter

  • Garder l'ancienne dalle sans vérification. Elle n'est généralement ni isolée ni fondée pour porter des murs maçonnés.
  • Sous-estimer le raccord avec la maison. Les niveaux de sol, la hauteur des fenêtres de l'étage et l'étanchéité au pied du mur existant demandent du soin.
  • Remettre trop de verre. Une baie plein sud ou plein ouest sans protection recrée les problèmes de la véranda.
  • Oublier les voisins. Les distances aux limites, les murs mitoyens et les règles de vues du Code civil doivent être vérifiés dès l'esquisse.
  • Construire sans s'informer. Une extension habitable réalisée sans permis peut poser de gros problèmes au moment de la vente.

Parlons de votre véranda

Votre véranda ne sert plus que quelques semaines par an et vous aimeriez savoir ce qu'elle pourrait devenir ? L'équipe de STARC peut venir voir votre maison, vous expliquer les démarches dans votre commune et esquisser avec vous une première piste. Contactez notre bureau de Gembloux pour fixer un rendez-vous, idéalement cet automne si vous visez un chantier au printemps.