Les honoraires d'un architecte freinent souvent les porteurs de projet. Voici, phase par phase, ce qu'ils couvrent concrètement chez STARC et ce qui reste en dehors, pour décider en toute clarté.
Avant le premier rendez-vous, une question revient presque toujours : combien coûte un architecte, et pour quoi faire exactement ? Le pourcentage annoncé paraît souvent abstrait, voire élevé. Nous vous proposons d'ouvrir la boîte et de détailler, phase par phase, ce que recouvrent réellement nos honoraires.
Un montant qui recouvre plusieurs années de travail
Commençons par les ordres de grandeur. D'après les données publiées par la plateforme Trustup, pour une construction neuve, les honoraires représentent généralement entre 6 % et 15 % du montant total des travaux, tandis qu'une rénovation ou une simple mission de conseil se calcule souvent au forfait ou à l'heure. Pour reprendre leur exemple, pour une maison dont les travaux sont estimés à 250 000 EUR, des honoraires de 10 % représentent 25 000 EUR. Il faut y ajouter la TVA : 21% de TVA doit être appliqué pour chaque honoraire.
Ce chiffre n'est pas fixé par un barème. Le SPF Économie le rappelle sur Wikifin : les honoraires de l'architecte sont librement fixés. La loi ne prévoit pas de barème ou de limites. L'Ordre des Architectes précise que la réglementation européenne relative à la libre concurrence ne permet plus aux instances professionnelles d'imposer le recours aux barèmes d'honoraires. Pour vous aider à comparer, le conseil francophone et germanophone de l'Ordre des Architectes a mis en ligne sur son site un « outil de calcul des prestations » qui reprend le nombre moyen d'heures nécessaires à un projet.
Retenez surtout ceci : un projet de maison mobilise souvent un architecte pendant un à deux ans, de la première esquisse à la réception. Le pourcentage rémunère ce temps, mais aussi une responsabilité.
L'esquisse et l'avant-projet
C'est la phase où l'on cherche, et où se jouent les plus grandes économies. Concrètement, nous y faisons :
- la visite du terrain ou du bâtiment existant, avec relevé si nécessaire ;
- l'analyse de votre programme : nombre de chambres, façon de vivre, évolutions futures, budget réel ;
- la vérification des contraintes urbanistiques (plan de secteur, guides d'urbanisme, prescriptions locales) ;
- plusieurs esquisses d'implantation et de volumes, en tenant compte de l'orientation, des vues et de la lumière ;
- une première estimation du coût des travaux.
L'Ordre des Architectes décrit cette première étape comme une étude de « faisabilité » au terme de laquelle les contractants sont libres de poursuivre ou non la mission. C'est rassurant : vous ne vous engagez pas d'emblée sur tout le projet.
Un exemple fréquent dans nos dossiers de fermettes en Hesbaye ou dans le Brabant wallon : décider de garder ou de démolir une annexe, ou déplacer l'entrée de quelques mètres. Ces choix, pris au stade de l'esquisse, coûtent quelques heures de réflexion. Sur chantier, ils coûteraient des milliers d'euros.
Le dossier de permis d'urbanisme
Une fois l'avant-projet validé, nous préparons la demande de permis selon le CoDT en Wallonie, ou selon le CoBAT à Bruxelles. Cette phase comprend :
- les plans, coupes et élévations à l'échelle, avec l'insertion dans le contexte ;
- la notice et les formulaires administratifs ;
- la coordination avec les intervenants nécessaires au dossier, par exemple le responsable PEB ;
- les échanges avec le service urbanisme de la commune, et parfois une réunion préalable ;
- le suivi de l'enquête publique éventuelle et les adaptations demandées.
Cette mission n'est pas facultative. L'intervention d'un architecte pour l'établissement des plans et le contrôle de l'exécution des travaux est légalement obligatoire pour les travaux dont une autorisation préalable de bâtir est requise, en vertu de la loi du 20 février 1939 sur la protection du titre et de la profession d'architecte.
Le dossier d'exécution et le choix des entreprises
Le permis obtenu, beaucoup pensent que le travail de l'architecte est fait. En réalité, une phase essentielle commence. C'est elle qui protège votre budget.
- Plans d'exécution détaillés : raccords, menuiseries, escaliers, détails d'isolation et d'étanchéité à l'air.
- Cahier des charges et métré, poste par poste, pour que toutes les entreprises remettent un prix sur la même base.
- Consultation de plusieurs entreprises et analyse comparative des offres.
- Aide à la négociation et à la rédaction des contrats d'entreprise.
Sans ce travail, vous comparez des devis qui ne décrivent pas la même chose. L'écart entre l'offre la plus basse et la facture finale se creuse alors en suppléments sur chantier.
Le contrôle du chantier et la réception
Pendant les travaux, l'architecte assure le contrôle de l'exécution. Chez STARC, cela se traduit par :
- des visites de chantier régulières, plus rapprochées aux étapes critiques (fondations, gros œuvre, toiture, isolation) ;
- des procès-verbaux de réunion qui précisent qui fait quoi et pour quand ;
- la réponse aux questions des entreprises et l'arbitrage des imprévus, fréquents en rénovation ;
- la vérification des états d'avancement avant que vous ne payiez les factures ;
- l'organisation de la réception provisoire, la liste des remarques à corriger, puis la réception définitive.
Cette présence s'accompagne d'une garantie. Depuis la loi du 31 mai 2017, publiée au Moniteur belge, les entrepreneurs, les architectes et autres professionnels de la construction doivent faire assurer leur responsabilité décennale. Le numéro de police doit d'ailleurs figurer dans le contrat : l'Ordre des Architectes cite le n° de la police d'assurance RC professionnelle de votre architecte parmi les mentions à prévoir.
Ce que les honoraires ne couvrent pas toujours
Pour que le budget soit juste dès le départ, voici les postes généralement facturés à part, selon le projet :
- le responsable PEB et, le cas échéant, le rapport de performance énergétique ;
- l'étude de stabilité par un ingénieur, indispensable dès que l'on touche à la structure ;
- les études de techniques spéciales (chauffage, ventilation, électricité) pour les projets plus complexes ;
- le géomètre pour le bornage ou le relevé d'un terrain ;
- le coordinateur sécurité santé, requis dès que plusieurs entreprises interviennent sur le chantier ;
- les essais d'étanchéité à l'air (blowerdoor) et la gestion des eaux pluviales.
Chez STARC, plusieurs de ces missions peuvent être assurées en appui par Optibim, notre bureau d'études installé à la même adresse. Le lien entre conception et calculs est alors direct, sans perte d'information entre bureaux.
Tout cela doit être écrit noir sur blanc. Wikifin indique que l'architecte doit vous soumettre un contrat écrit qui précise tous les aspects essentiels de sa mission, dont le budget et ce qui est prévu en cas de dépassement. L'Ordre des Architectes ajoute que l'absence de contrat d'architecture écrit constitue un manquement déontologique dans le chef de l'architecte. Il met d'ailleurs à disposition un modèle de contrat d'architecture type mis à jour en 2025.
Un conseil pratique : quand vous comparez deux propositions d'honoraires, comparez d'abord le contenu des missions. Une offre plus basse s'arrête parfois au permis, ou prévoit très peu de visites de chantier.
Parlons de votre projet
Vous avez un terrain, une maison à transformer ou une ferme à reconvertir, et vous vous demandez ce que coûterait notre accompagnement ? Contactez STARC à Gembloux. Lors d'un premier échange, nous définissons ensemble le contenu de la mission, ses étapes et une estimation d'honoraires adaptée à votre projet, sans engagement.
Frédéric Odent, administrateur de STARC
