Depuis le 1er octobre 2026, la Wallonie remplace ses primes Habitation par deux prêts, le Rénopack et le Rénoprêt. Ils sont réservés aux logements les moins performants et exigent un saut de label PEB. L'audit logement devient la vraie première étape.
Depuis le 1er octobre 2026, la Wallonie ne verse plus de primes Habitation pour rénover votre logement. L'aide régionale passe maintenant par deux prêts, le Rénopack et le Rénoprêt, réservés aux projets qui améliorent vraiment la performance d'une maison. Voici ce qui change, qui peut en bénéficier et pourquoi tout commence, plus que jamais, par l'audit logement.
Ce qui a changé le 1er octobre
L'ancien régime est terminé. Pour savoir s'il vous concerne encore, une seule chose compte : ni la date du devis ni celle du début des travaux, mais la date d'introduction de la demande complète, facture finale comprise. Si votre chantier n'était pas terminé et facturé au 30 septembre, ou si vous n'aviez pas introduit de demande, c'est le nouveau régime qui s'applique.
Le Gouvernement wallon a adopté définitivement le nouveau régime fin septembre. Selon le communiqué de la Ministre wallonne du Logement et de l'Énergie, Cécile Neven, à partir du 1er octobre 2026, les aides régionales prennent la forme de prêts, dont les conditions sont adaptées aux revenus des demandeurs. Ceux-ci sont conditionnés à un résultat à atteindre en termes d'économies d'énergie générées par les travaux.
La logique a donc changé. On ne soutient plus des travaux isolés, mais des projets de rénovation cohérents. Remplacer seulement des châssis ou une chaudière ne suffit plus pour obtenir une aide. C'est une question de financement, mais c'est surtout une question de conception.
Rénopack ou Rénoprêt selon votre situation
Les deux prêts existaient déjà. Leurs conditions d'octroi ont été revues.
Le Rénopack :
- C'est un prêt à taux zéro assorti, selon les revenus du ménage, d'une réduction du montant à rembourser. Cette réduction remplace l'ancienne prime.
- Il concerne les ménages des catégories de revenus C1, C2 et C3, avec une réduction de 50 %, 40 % et 15 % respectivement.
- Le bénéficiaire doit être titulaire d'un droit réel sur le logement et s'engager à l'occuper au plus tard dans les 24 mois suivant l'octroi du prêt.
- Il existe un bonus pour les matériaux : une majoration de 5 % pour les écomatériaux.
Le Rénoprêt :
- C'est un prêt à taux zéro ou à taux préférentiel par rapport aux conditions de marché, déterminé en fonction de la nature des travaux, du profil du demandeur et de sa catégorie de revenus.
- Il est notamment accessible aux ménages de catégorie C4, aux propriétaires-bailleurs et aux associations de copropriétaires.
Les montants à retenir :
- La catégorie C1 va jusqu'à 28 900 € de revenus et la catégorie C4 de 67.100,01 € à 122.800 €.
- Le plafond d'emprunt passe de 60 000 à 75 000 € pour une maison unifamiliale.
- Pour un appartement, chaque logement peut bénéficier d'un Rénopack ou d'un Rénoprêt jusqu'à 60 000 € pour les parties privatives.
Un exemple simple : un ménage de catégorie C1 qui emprunte 75 000 € à taux zéro bénéficie d'une réduction de 50 %. Il rembourse donc environ 37 500 €. Ce sont des ordres de grandeur. L'organisme prêteur (la Société wallonne du Crédit social ou le Fonds du Logement selon votre profil) calcule le montant exact.
Le saut de label devient la condition d'entrée
C'est le changement le plus important pour votre projet. Selon le Gouvernement wallon, pour les logements avec un label G et F, les travaux doivent permettre au minimum de progresser jusqu'au label D. Pour les logements avec un label E, ils doivent permettre au minimum d'atteindre un label C. Concrètement, cela veut dire ESPEC ≤ 340 kWh/m².an pour le label D ou ESPEC ≤ 255 kWh/m².an pour le label C.
À l'inverse, un logement déjà classé D, C, B ou A n'ouvre plus le droit au Rénopack ou au Rénoprêt. Le régime prévoit une soupape : des dérogations restent possibles lorsque le label requis ne peut pas être atteint pour des raisons techniques, fonctionnelles ou économiques dûment justifiées.
Ce que cela change sur le terrain :
- Une maison des années 60 classée G demande souvent plusieurs postes à la fois : toiture, murs, menuiseries, chauffage, ventilation. Isoler seulement le toit ne suffit en général pas.
- L'ordre des travaux compte. Si vous isolez les façades par l'extérieur, les débords de toiture et les appuis de fenêtre doivent suivre. Mieux vaut le prévoir dès le départ.
- Isoler une façade par l'extérieur change son aspect et son épaisseur. Selon le cas, cela peut demander un permis d'urbanisme au sens du CoDT. C'est à vérifier avant de signer quoi que ce soit.
- Une rénovation lourde est l'occasion de revoir l'organisation de la maison : ouvrir une cuisine sur le jardin, faire entrer plus de lumière, transformer des combles bien isolés en chambres.
Pourquoi l'audit logement vient avant tout devis
Pour accéder aux prêts, les ménages doivent impérativement réaliser un audit préalablement aux travaux. Cet audit fait partie de la liste des investissements éligibles, son coût peut donc être intégré au financement. Il doit être réalisé par un auditeur agréé par la Région wallonne et il doit être récent : faire réaliser ou actualiser l'audit (moins d'un an), sauf si vous relevez de la catégorie C1 et que l'organisme prêteur estime lui-même le label.
Même dans ce cas particulier, l'audit reste l'outil qui permet de choisir le bon enchaînement de travaux pour atteindre le label visé au meilleur coût.
Les pièges à éviter :
- Demander des devis poste par poste avant l'audit. Vous risquez de chiffrer un projet qui n'atteint pas le label exigé.
- Vous fier à un vieux certificat PEB. Le label de départ et le label visé doivent être démontrés par un audit à jour.
- Commencer les travaux trop tôt. Sans audit préalable, vous perdez l'accès au prêt.
- Oublier le reste du projet. L'audit parle d'énergie. Il ne dessine pas votre future cuisine, ne règle pas la stabilité d'un mur porteur et ne prépare pas un dossier de permis.
C'est là que l'architecte a toute sa place. L'audit donne une feuille de route énergétique. Notre travail est d'en faire un projet cohérent, qui tient dans votre budget, respecte l'urbanisme et améliore votre quotidien.
Comment STARC et Optibim vous accompagnent
Chez STARC, nous rénovons régulièrement des maisons anciennes et des fermes dans les provinces de Namur et du Brabant wallon. Notre démarche, avec l'appui d'Optibim, notre bureau d'études intégré :
- Visite et relevé du bâtiment, si besoin par scanner 3D, pour partir de plans exacts.
- Lecture de l'audit logement avec vous, ou coordination avec un auditeur agréé si l'audit reste à faire.
- Esquisse d'un projet global : espaces, lumière, isolation, techniques, avec un budget estimé par poste.
- Vérification du saut de label par les calculs PEB d'Optibim, et analyse de stabilité si des murs sont ouverts ou des planchers renforcés.
- Dossier de permis d'urbanisme quand il est nécessaire, cahier des charges et comparaison des offres d'entreprises.
- Suivi du chantier, avec un test d'étanchéité à l'air (blowerdoor) pour contrôler la qualité de l'exécution.
Pour vous faire aider dans le choix du prêt, le dispositif s'appuie notamment sur les Guichets Énergie Wallonie, les Espaces Wallonie, les plateformes locales de rénovation énergétique et la Société wallonne du Crédit social (SWCS). Ces services vous orientent sur le financement. Nous vous accompagnons sur le projet lui-même.
Vous possédez une maison classée E, F ou G et vous vous demandez si votre projet peut entrer dans le Rénopack ou le Rénoprêt ? Contactez STARC à Gembloux. Nous regarderons avec vous votre audit ou votre situation de départ, les travaux qui permettent d'atteindre le label visé et la meilleure façon de les intégrer dans un vrai projet d'architecture.
Frédéric Odent
