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STARC – Studio d'Architecture

Journal · Expertise technique

Le confort d'été se joue dès le plan et pas après la pose de la clim

21 octobre 2026Par Frédéric Odent
Le confort d'été se joue dès le plan et pas après la pose de la clim

Orientation des pièces, protections solaires, inertie et ventilation traversante se décident au plan. Voici comment STARC conçoit des maisons neuves et rénovées qui restent fraîches sans climatisation.

Après plusieurs étés caniculaires, beaucoup de maîtres d'ouvrage nous posent la même question dès le premier rendez-vous : comment éviter d'avoir trop chaud dans la future maison. Notre réponse surprend parfois : l'essentiel se décide avant même de choisir les châssis. Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi le confort d'été est une décision d'architecture, et comment nous la prenons avec vous.

Pourquoi la climatisation arrive trop tard

Une maison surchauffe pour deux raisons simples. En été, une maison surchauffe surtout parce que le soleil entre par les vitrages et que la chaleur s'accumule. Une fois les murs montés et les baies posées, on ne peut plus corriger que les symptômes.

La climatisation traite la conséquence, pas la cause. Elle consomme, elle fait du bruit et elle demande de l'entretien. Elle rejette aussi de la chaleur dehors. À l'inverse, les solutions passives visent à limiter l'entrée de chaleur, à stocker temporairement les excès thermiques ou à faciliter leur évacuation. Elles n'utilisent pas de compresseur, ni de fluide frigorigène, ni d'énergie mécanique importante.

Il y a surtout une question de coût. Déplacer le séjour sur le plan au stade de l'esquisse ne coûte rien. Ajouter des caissons de screens dans une façade terminée, ou revoir une toiture pour créer un débord, coûte cher et donne rarement un beau résultat.

L'orientation des pièces se décide à l'esquisse

C'est le premier levier, et le moins cher. L'orientation est l'un des premiers facteurs de confort d'été. Chez nous, à une latitude d'environ 50 degrés, le soleil se comporte de façon très différente selon la façade :

  • Au sud, le soleil d'été est haut dans le ciel à midi (autour de 63 degrés au solstice). Il est donc facile à arrêter avec un débord ou une casquette. En hiver, il reste bas (autour de 16 degrés) et entre profondément dans la maison. C'est la façade idéale pour les grandes baies du séjour.
  • À l'ouest, le soleil de fin d'après-midi est bas et chaud. Il arrive presque à l'horizontale, au moment où la maison a déjà accumulé la chaleur de la journée. C'est la façade la plus délicate en été.
  • À l'est, le soleil du matin est plus doux. C'est une bonne orientation pour une cuisine ou une chambre.
  • Au nord, la lumière est stable et sans surchauffe. C'est parfait pour un bureau, un atelier ou les locaux de service.

En pratique, nous plaçons les pièces de vie au sud, nous gardons les chambres à l'abri de l'ouest quand c'est possible, et nous regroupons au nord ce qui n'a pas besoin de soleil. Sur une parcelle mal orientée, en lotissement ou en rue étroite, ce travail demande plus de finesse : décaler un volume, ouvrir un patio, jouer sur la coupe. C'est là que le métier d'architecte prend tout son sens.

Capter le soleil d'hiver sans subir celui d'été

Une grande baie au sud est un atout en hiver, à condition de la protéger en été. Les protections se pensent en même temps que la façade :

  • Les protections fixes : débord de toiture, casquette, balcon, pergola. Pour une baie sud de 2,20 m de haut, un débord d'environ un mètre suffit à l'ombrer presque entièrement à midi au cœur de l'été, tout en laissant passer le soleil bas de décembre.
  • Les protections mobiles extérieures : screens, brise-soleil orientables, volets. Ils sont indispensables à l'est et à l'ouest, où un débord ne suffit pas.
  • La végétation : un arbre à feuilles caduques fait de l'ombre en été et laisse passer le soleil en hiver.

Un point à retenir : la protection doit être extérieure. Les protections solaires extérieures (stores, screens) arrêtent environ 80 % de la chaleur avant qu'elle n'entre, contre seulement 20 % pour une protection intérieure. Un store intérieur protège de l'éblouissement, pas de la chaleur.

Pour bien les intégrer, les caissons de screens se dessinent dans l'épaisseur du mur et de l'isolant, au-dessus des linteaux. Prévus au plan, ils disparaissent dans la façade. Ajoutés après coup, ils se voient et créent souvent des ponts thermiques.

L'inertie, une réserve de fraîcheur à placer au bon endroit

L'inertie, c'est la capacité des matériaux lourds à stocker la chaleur et à la restituer lentement. L'inertie thermique permet de stocker la fraîcheur nocturne et de la restituer en journée. Dalle en béton, chape, carrelage, murs de refend en maçonnerie : ces masses amortissent les pics de chaleur.

Encore faut-il qu'elles restent en contact avec l'air de la pièce. Quelques choix de conception font la différence :

  • Éviter de cacher une dalle lourde derrière un faux plafond quand ce n'est pas nécessaire.
  • Prévoir des murs intérieurs en maçonnerie plutôt qu'en cloisons légères dans les pièces exposées.
  • En ossature bois, compenser avec une chape lourde, un mur en terre crue ou en briques pleines.

En rénovation, c'est souvent un atout caché. Les murs épais en pierre ou en brique d'une ferme ou d'une maison ancienne de la région de Gembloux sont de vraies batteries de fraîcheur. Si vous isolez par l'extérieur, vous gardez cette inertie du côté intérieur. Une isolation par l'intérieur, parfois imposée par une façade à préserver, la coupe en partie. C'est un arbitrage que nous discutons avec vous au cas par cas.

Une maison qui se ventile de part en part

L'inertie ne sert à rien si la chaleur stockée ne peut pas sortir la nuit. La ventilation naturelle doit donc être dessinée, pas improvisée. Concevoir des parcours d'air continus, du côté le plus frais vers l'exutoire, restitue la fraîcheur la nuit et limite la montée en température le jour.

Concrètement, au plan, cela veut dire :

  • Des ouvrants sur deux façades opposées dans les pièces principales (ventilation traversante).
  • Un escalier ou une double hauteur qui sert de cheminée : l'air frais entre en bas, l'air chaud sort en haut par une fenêtre de toit ou un ouvrant haut.
  • Des ouvrants qu'on peut laisser ouverts la nuit en sécurité : châssis oscillo-battants, grilles, volets ajourés.
  • Des portes intérieures qui ne bloquent pas le passage de l'air.

Dans une présentation de la commune de Wanze sur les exigences PEB, les pistes citées pour limiter la surchauffe vont dans ce sens : une surface ouvrante de plus de 6,4 % de la surface de plancher pour les chambres et le séjour, une ventilation traversante ou un effet cheminée, des vitrages solaires et des ombrages.

Ce que la PEB vérifie, et ce qu'elle ne voit pas

En construction neuve et en rénovation soumise à permis, le calcul PEB comprend un indicateur de surchauffe. Selon le site Énergie de la Wallonie, en plus du niveau K et des valeurs U, il existe le risque de surchauffe S. La réglementation impose une valeur maximale pour chacun de ces indicateurs. Les seuils exacts dépendent de la région et de la date de dépôt du permis : votre responsable PEB les vérifie dès l'avant-projet.

Respecter la PEB ne garantit pas pour autant une maison agréable pendant une canicule. Cet indicateur est une simulation simplifiée. Il repose sur une méthode stationnaire mensuelle, des données climatiques historiques ne tenant pas (encore) compte du changement climatique, et des hypothèses d'occupation standardisées. Il ne voit pas, par exemple, une chambre sous toiture exposée à l'ouest. C'est pourquoi nous allons au-delà du calcul réglementaire, pièce par pièce, avec l'appui d'Optibim pour la PEB et les techniques spéciales.

Un dernier piège : le certificat PEB d'une maison existante, celui exigé pour vendre ou louer, ne vous dit rien sur ce point. Le certificat PEB ne contient aucun indicateur chiffré de confort d'été. Si vous achetez pour rénover, faites regarder l'orientation, les vitrages et la toiture avant de signer.

Parlons de votre projet

Vous construisez ou vous rénovez une maison en Wallonie ou à Bruxelles et vous voulez qu'elle reste fraîche sans climatisation ? Le meilleur moment pour en parler, c'est avant la première esquisse. L'équipe de STARC, à Gembloux, étudie avec vous votre parcelle, l'orientation et vos habitudes de vie, puis traduit tout cela en plans. Contactez-nous pour un premier rendez-vous.

Frédéric Odent